mon livre du moment

que je vous conseille mais à vous les soixantenaires avant je ne suis pas certaine que ça fasse rire  . . . Les aveugles nous émeuvent , et c'est normal  , mais pourquoi les sourds nous font _ ils rire ? " La surdité est comique , alors que la cécité est tragique "  , constate Desmond Bates le narrateur de

 

LA VIE EN SOURDINE

41H1cLSJ++L__SX310_BO1,204,203,200_   david lodge 1935 anglais

oui je ris  vraiment  beaucoup  :  je suis occupée de le lire

non pour moi ce n'est pas de l'humour anglais  : humour qui me sort par les trous de nez

je ne connaissais  l'auteur que de nom 

synopsis le monde livres

En anglais, deaf (sourd) n'est pas très loin de dead (mort). Et pour peu qu'on entende mal... Pour écrire  ce roman tout en finesse, David Lodge s'est inspiré de sa propre expérience : devenu malentendant comme Desmond, il a assisté, lui aussi, à la lente glissade de son père vers la tombe. Tout le reste est fiction, à commencer par cette petite ville universitaire d'Angleterre qui donne à l'écrivain l'occasion de revenir sur ses thèmes favoris, tout en se renouvelant avec bonheur.

Le professeur Desmond Bates, spécialiste de linguistique, a pris une retraite anticipée. Ce qui lui permet de lire  le Guardian au petit déjeuner  , en s'offrant une troisième tasse de thé.

C'est le principal avantage de sa nouvelle situation.

Le retraité s'est installé dans la routine ("la rout-traite", comme il le dit lui-même), tandis que sa seconde épouse, en pleine ascension professionnelle, déborde de vitalité. Quant à ses deux enfants, ils se passent parfaitement de lui.

Noël approche, avec son potentiel terrifiant de malentendus familiaux...

Et voilà que surgit une diablesse, au nom suspect d'Alex Loom, qui tente de le prendre  dans ses filets.

Séduisante, entreprenante, déroutante, cette jeune Américaine lui demande de diriger  sa thèse de doctorat, qui porte sur... le style  des lettres de suicidés. Ces choses-là ne se discutent pas dans le brouhaha d'un vernissage - Desmond n'entend que des bourdonnements : elles appellent une rencontre plus intime dans l'appartement de la belle...

DU "JE" AU "IL"

Ce roman est le journal que tient le narrateur. Mais, page 41, le voilà "pris par une brusque envie d'écrire à la troisième personne". Qu'à cela ne tienne : le "je" cède la place au "il", sans nous gêner  (moi si  je me suis perdue)   le moins du monde

.Desmond-Lodge reviendra à la première personne dans le courant du livre, quand bon lui semblera, baladant ses lecteurs avec la même virtuosité. Du grand art !  Et moi c'est ce que je n'ai pas aimé

La surdité du linguiste retraité donne lieu naturellement à d'innombrables quiproquos. "Quoi ?" se surprend-il à demander à tout bout de champ. Et quand il s'entretient avec son père, aussi sourd que lui, c'est du "quoi ?" au carré...

Il déclare souvent  forfait : "La surdité transforme tant de sons en bruits que vous préférez préférez opter  pour le silence." Ou alors pour le verbiage, car "il est plus facile de parler  que d'écouter". Pitié pour les malentendants : ils sont souvent bavards par nécessité !

Desmond n'arrête pas de se prendre les pieds, dans ses prothèses auditives, de plus en plus sophistiquées.

Son père, lui, refuse tout appareillage. Il vit seul, dans un pavillon londonien à la cuisine crasseuse, habillé en clochard, hanté par ses économies. Un magnifique personnage, grincheux, insupportable et bouleversant.

Tout est dit sur le naufrage de la vieillesse dans une scène tragi-comique, sur l'autoroute, où le bonhomme est saisi d'un besoin pressant et ne parvient pas à se retenir

Comme l'écrit le professeur retraité dans son journal, "la surdité est une sorte d'avant-goût de la mort, une très lente introduction au long silence dans lequel nous finirons tous par sombrer".  (je suis pliée de rire. .  .c'est vraiment ça ! )

suite  . . . . à vous de lire